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Titre original = The Sign of Four

(Aussi parfois édité  en français sous le titre « Le Pacte des Quatre »)

Le docteur Watson surprend son co-locataire et ami, Sherlock Holmes, au moment où celui-ci se fait sa piqûre de solution à 7% de cocaïne afin de stimuler son cerveau en manque de travail. L’inaction pèse  à Holmes c’est certain, mais pour Watson (qui est médecin), cette mauvaise habitude pourrait devenir une addiction grave – ce qui n’empêche pas le détective-consultant d’en faire l’apologie. (Je me demande s’il est sage de faire lire ce bouquin aux ados !).

Et pour une fois, le vin aidant, Watson n’hésite pas à dire ce qu’il pense à Holmes – et l’autre de lui répondre que la manière « romanesque » d’avoir relaté leur première enquête manque de sérieux, ce qui heurte le brave docteur. C’est toujours mieux que les journaux qui acclament Lestrade & Gregson, de Scotland Yard, et ne parle nullement de Sherlock Holmes.

Cette inaction va être de courte durée. Sur les recommendations d’une dame qu’il a aidée, Miss Mary Morstan vient lui soumettre ses problèmes : elle reçoit depuis six ans une perle d’une immense valeur. A présent, elle a reçu un mot lui demandant de se rendre à une certaine adresse en compagnie de deux amis, afin que justice lui soit rendue. Miss Morstan est sans nouvelles de son père depuis dix ans, depuis le jour où elle était venue à son hôtel londonien afin d’être réunie à lui. Le capitaine Morstan a disparu sans laisser de trace.

En compagnie de Holmes & Watson, Miss Morstan se rend donc au mystérieux rendez-vous où un non moins mystérieux personnage les fait monter dans un fiacre pour se rendre chez un certain Thaddeus Sholto,  hédoniste hypocondriaque, qui les emmène à Pondichery Lodge, la demeure de son père le major Sholto, ami du capitaine Morstan aux Indes.

Il leur explique aussi dans quelles circonstances ils ont appris, son frère et lui, l’injustice dont il parle à l’égard de Miss Morstan = lorsque leur père pris de remords, à cause de son avarice, leur expliqua avant de mourir ce qui se passa lorsque le capitaine lui rendit visite. Le père Sholto mourut peu après avoir révélé son secret – sur sa poitrine un papier signé « Le Signe des Quatre ».

Ce qui frappa ses fils, c’est la terreur du père à l’égard d’un « homme à la jambe de bois ».

L’ennui c’est que lorsqu’ils arrivent à Norwood, Bartholomeuw Sholto a aussi quitté le monde des vivants – sa chambre est fermée de l’intérieur, mais l’assassin de toute évidence est venu par la fenêtre.

Le dernier Sholto part chercher la police, pendant ce temps Sherlock Holmes découvre une série d’indices qui lui font comprendre qu’il y a ici un homme à la jambe de bois mais aussi un complice.

De plus, on ne peut pas parler ici de mort naturelle puisque Holmes détecte une fine pointe empoisonnée dans le crâne du mort. Une très forte odeur de créosote titille le nez de Holmes (très fort en chimie ne l’oublions pas), pour cela un seul allié possible = le sympathique Toby ! que Watson ira chercher après avoir reconduit la jolie Miss Mary chez elle.

Sherlock Holmes résoudra tout cela au nez et à la barbe de la police, qui piétine comme toujours et arrête bien entendu qui il ne faut pas. Une fois encore ici également l’appât de richesses et la vengeance sont à la base d’une sinistre histoire qui remonte jusqu’à l’île Agra aux Indes.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les deux premières aventures de Sherlock Holmes parues dans les quotidiens ne rencontrèrent pas un succès immédiat. Ce furent les nouvelles, éditées à partir de 1891 dans le Strand Magazine qui firent la popularité des personnages et leurs enquêtes. Les romans seront réédités sous forme de feuilleton ultérieurement.

Finalement, je me demande si le portrait sarcastique de Sherlock Holmes, tel que le cinéma et la télé nous l’offrent, n’est pas l’effet de la susceptibilité du docteur John Watson.

Ce dernier, fragilisé par ses blessures, est d’une très grande sensibilité (ce qui compense l’esprit analytique et froid de Holmes), mais finalement le rend susceptible aux moindres remarques du détective-consultant.

Car dans tout ce que j’ai LU jusqu’à présent de Holmes et Watson, je ne trouve pas Sherlock aussi moqueur qu’on ne l’a présenté. Ce qui ne veut pas dire que je ne comprends pas non plus ce que ressent John Watson lorsque Holmes lui fait comprendre que ses récits de leurs enquêtes sont trop « romantiques »,  Sherlock Holmes préférant les faits exposés simplement et non romancés.

A propos des blessures du docteur Watson, il y a une certaine incohérence entre le premier roman (« Etude en rouge ») et ce « Signe des Quatre » = dans le premier, John Watson se remet d’une balle Jezail lui ayant fracassé l’os de l’épaule, or ici dans « Signe des quatre », c’est la jambe qui a été atteinte par cette balle et dont la blessure gêne parfois le docteur.

Conan Doyle aurait-il oublié de se relire ? ou bien son éditeur n’aurait-il pas attaché d’importance à ce détail, estimant que les lecteurs s’en fichent ? Moi pas ! je suis comme Holmes = les incohérences m’agacent. (oui, je sais, je suis une plieuse de bananes - cette incohérence est d'ailleurs également mentionnée dans la nouvelle série "Sherlock 2010" que tout le monde adore, à juste titre)

Par contre, un petit peu de romantisme ne me déplaît guère et j’ai apprécié la rencontre entre Watson et Miss Mary Morstan, sa future épouse.

Une fois encore j’ai apprécié l’ambiance du Londres victorien – la manière de décrire les personnages, leurs aspects ridicules ou sympathiques, comme ce boxeur qui reconnaît Sherlock Holmes et regrette que celui-ci n’ait pas poursuivi « le noble art ».

41GluzwKKXL__BO2_204_203_200_PIsitb_sticker_arrow_click_TopRight_35__76_AA300_SH20_OU08_Très contente de ces deux lectures qui m’ont (enfin) fait découvrir les vrais Holmes et Watson autrement que par les adaptations cinématographiques ou télévisées, ou par les pastiches. Mon histoire holmésienne préférée reste tout de même « The Hound of Baskerville ».

(et comme dit précédemment, la couverture est celle de la nouvelle édition, la mienne réunissant les deux premières enquêtes, étant nettement plus ancienne.)

Un autre billet sur ce roman = marion, (comme toujours, si j'en oublie,  c'est involontaire.)