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4ème enquête de Mary Russell & Sherlock Holmes

Mary Russell est dans son endroit de prédilection : à Oxford, où elle poursuit ses études du talmud et de théologie, lorsqu’elle reçoit un billet péremptoire de Sherlock Holmes, son collègue et compagnon d’enquêtes. Bien que contrariée par la manière dont Holmes la tire de ses chères études, elle se rend au lieu de rendez-vous. A Lew Trenchard, non loin de Dartmoor, à côté des marshes qui ne sont guère accueillantes, pluie et boue sont au rendez-vous.

Arrivée à Lew Trenchard, Holmes la reçoit avec son habituelle ironie, tenant peu compte de sa mauvaise humeur et lui présente le révérend-maître des lieux Sabine Baring-Gould, assez surpris de découvrir que l’associé de Sherlock Holmes est en fait UNE associée. Comme nous sommes au début du 20ème siècle et que le brave révérend est tout de même un « vestige » de l’ère victorienne, on peut comprendre son étonnement, mais notre féministe Mary Russell n’en est pas de meilleure humeur. D’autant plus que le chauffage est en panne et qu’il fait froid et humide dans la demeure.

Heureusement le lendemain, les choses s’améliorent un peu grâce au chauffage réparé. Holmes et Russell (comme ils continuent à se nommer entre eux) partent sur la lande et les marais, sombres et mystérieux. La raison de leur enquête : nous voilà replongés en pleine atmosphère et mystère du « Chien des Baskerville ».

Un autre chien monstrueux hanterait à nouveau la lande, semant la panique. Il serait le compagnon d’une dame circulant dans un attelage construit avec les os de ses défunts maris, suivie ou précédée d’un énorme chien, avec un seul œil effrayant. Cette dame aurait tué ses maris et est condamnée à errer sur la lande où le chien fait de nouvelles victimes, comme par exemple Josiah Gorton, disparu soudainement. Ce Gorton parcourait les marais pour tenter de trouver des pépites d’étain, perdues là par les anciens mineurs ; c’est aussi une vieille connaissance de Holmes puisqu’il lui emprunta ses habits dans « Le chien des Baskerville ».

Voilà donc une disparition et des apparitions fantasmagoriques bien faites pour intriguer le couple –associé Russell & Holmes.

Grosse surprise = Mary Russell & Sherlock Holmes  sont mariés !

Ayant sauté du premier roman à la 4ème enquête sans m’occuper des deux autres, je n’ai pas réellement compris les raisons de ce mariage, mais j’imagine qu’il y a dû en avoir au niveau pratique. Nous sommes au début du 20ème siècle et comme Russell et Holmes voyagent souvent pour leurs enquêtes, je pense que c’est là que résident les raisons (sinon il me faudra acheter les deux romans précédents pour comprendre.

Quoique personnellement je m’en fiche un peu de leur mariage, c’est intrigant mais sans plus.

En dehors de cela, j’ai bien aimé l’ambiance qui règne autour de Dartmoor, sur la lande et les marais (marshes), parmi les pierres de granit qui portent toutes un nom donné par la population locale, comme pour leur donner une personnalité en cours de promenade dans une région isolée.

L’ambiance sombre et triste est accentuée par la pluie ou la brume qui y tombent régulièrement, dans lesquelles nos protagonistes doivent se promener pour découvrir des indices.

La personnalité de Mary Russell est toujours celle d’un « Sherlock féminin » ; par ailleurs elle n’hésite pas à remettre son conjoint-collègue enquêteur vertement à sa place, notamment lorsqu’il la critique sur ses études du talmud (Mary Russell est juive), dont elle peut lui confirmer que bien avant lui, le grand détective, d’autres avaient déjà développé un esprit d’investigation et d’analyse.

Ce qui m’a une fois encore légèrement agacée est ce prologue, soi-disant de l’éditeur, annonçant que ce roman faisait partie d’une collection de journaux laissés dans ses bureaux.

La romancière devrait arrêter ce genre d’ « astuce » ; je ne sais ce qu’en pensent d’autres lecteurs, mais en ce qui me concerne peu importe  la manière dont Laurie R. King et l’éditeur ont décidé d’éditer des pastiches de Conan Doyle.

En dehors de cela, le roman mélange habilement personnages fictifs et réels, comme le révérend Sabine Baring-Gould (prononcez GOLD), une sommité dans le domaine des légendes populaires autour de son domaine familial de Lew Trenchard. (Dont le petit-fils William S. Baring-Gould est le premier à avoir écrit une biographie fictive de Holmes, considérée comme un livre incontournable.)

L’excentricité de certains personnages rencontrés dans cette histoire ajoutent une touche d’humour caustique à l’ensemble.

J’ai apprécié cette lecture, qui m’a replongée dans l’ambiance du « Chien des Baskerville », l’un de mes romans préférés dans les aventures de Sherlock Holmes et dont le roman est un bon pastiche.  (Et, bien que cela n'ait rien à voir avec l'histoire, j'aime beaucoup la couverture.)

Et du coup, me voilà reprise par ma sherlockmania.