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Poèmes, écrits intimes, lettres – textes inédits de Marilyn Monroe, écrits entre 1943 et 1962.

J’avais à peine 18 ans lorsque j’appris son décès, je me souviens avoir tant pleuré ce jour-là que mes collègues de bureau en rirent toute la journée. Pourtant comme je l’appréciais en tant que vedette, j’étais apparemment une des rares personnes autour de moi à déceler une vraie comédienne dans les rôles qu’elle interprétait et non pas une « bimbo », prototype de la blonde idiote. 

Son humour, son autodérision, sa gentillesse éclatent dans tous ses films.

Pour une fois j’aimerais qu’un livre parle car je manque de mots – gorge serrée, larmes aux yeux, j’écoute au travers des pages de ce bel album « parler » cette jeune femme si fragile qui écrivait depuis toujours = carnets intimes, petits griffonnages deci-delà, c’est aussi en cela que le livre est interpelant, car n’est ce pas ce que nous faisons toutes ?

Griffonner des petits bouts de notre vie, pour que quelque part il reste quelque chose de nous.

Enfin un livre  qui n’est pas un ramassis de ragots, de détails croustillants sur les derniers moments de sa vie, pas une biographie macho à la Normal Mailer.
Même un intellectuel newyorkais comme Jerome Charyn n’a pas pu éviter l’écueil de parler d’elle à la manière d’un journaliste « people », alors que Charyn est un écrivain qui vaut mieux que ça !

Et je ne cite pas Forestier et son  torchon que pour demander une fois de plus le boycott de ce bouquin.

Elle a même inspiré Joyce Carol Oates (« Blonde »), mais qui a eu au moins le bon goût d’écrire un roman, dont Marilyn est l’inspiratrice – un roman que je dois encore découvrir.

C’est à la seconde épouse de Lee Strasberg – Anna – que l’on doit ce joli livre – mettant de l’ordre, elle découvrit deux boîtes contenant des papiers de Marilyn ; elle demanda conseil à Stanley Buchthal qui en parlera à Bernard Comment au cours d’un dîner, afin d’avoir le point de vue d’un éditeur.  Cela a donné naissance à ce livre que l’on ne peut pas lire sans émotion.

Il y a eu des centaines de livres sur l’actrice, la femme, et lorsqu’on parlait de son amour pour la lecture, c’était avec un ton quelque peu  condescendant « oh, si c’est pas mignon, la « blonde » aime la lecture » - tout Hollywood se gaussa lorsqu’elle décida de partir pour New York dans l’espoir d’obtenir d’autres rôles, une autre reconnaissance.
Elle y travailla avec Paula et Lee Strasberg.

A présent, elle a la parole et elle peut enfin parler de ceux qui l’attiraient : James Joyce, Samuel Beckett, Walt Whitman (comme je comprends pour ce dernier). Je me souviens d’un sarcasme à propos de la photo où elle lit « Ulysses » de James Joyce = « tiens ! elle lit Joyce ! c’est probablement pour la photo ».
Tout cela est d’un pathétique, les commentateurs manquent non seulement de sensibilité, mais aussi de dignité car lorsqu’on insulte quelqu’un (en se retranchant derrière le soi-disant « humour ») on n’insulte que soi finalement.<

 

L’édition française du livre propose une version bilingue – d’un côté, les Fragments de la vie de Marilyn, ses émotions, son ressenti, de l’autre les traductions – la traductrice explique qu’il fut parfois difficile de traduire avec fidélité, compte tenu que certains mots étaient barrés ; les traducteurs ont donc « adaptés ». Le livre s’accompagne d’un joli album de photos et de la filmographie de l’actrice.

Comme moi, elle aimait les ponts, New York, la lecture et la musique.

Elle aimait le jazz et défendait les droits de l’homme = un jour, dans une boîte où se produisait une chanteuse de  jazz qu’elle appréciait, elle l’invita à sa table – on est dans les années 50, le propriétaire refusa que la chanteuse se mêlât à la clientèle. Marilyn Monroe se leva et quitta la boîte.

Un très bel hommage que l’édition de ce livre par Stanley Buchtal & Bernard Comment.

D’autres personnes que moi vous parleront certainement mieux de ce livre, moi je suis dans l’émotion complète.

J’ai lu un jour, quelque part, que les êtres qui meurent jeunes sont les préférés des dieux et que de cette manière ils vivent éternellement dans le souvenir.

 

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