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Une enquête de Sherlock Holmes, détective privé-conseil, relatée par son ami et associé le docteur John Watson

Titre original = The Hound of the Baskervilles

Un chien monstrueux, surnommé le Chien de l’Enfer, hante la lande et le marais de Dartmoor depuis que l’odieux Hugo Baskerville au 17ème siècle poursuivit de ses assiduités une jeune paysanne qui mourut en tentant de lui échapper. Un chien surgit d’on ne sait où s’acharnant sur Hugo Baskerville, puis disparut. Depuis, une malédiction s’acharne sur les Baskerville, les membres de la famille mourant de manière dramatique et sanglante. Il vaut mieux ne plus s’aventurer sur la lande le soir.

C’est cette légende que raconte le docteur Mortimer, venu en consultation chez Sherlock Holmes ; il est l’exécuteur testamentaire de Sir Charles Baskerville, récemment décédé suite à une intense frayeur, son cœur malade ayant lâché pendant la fuite. Juste avant de mourir, un hurlement affreux fut entendu et le docteur Mortimer trouva des empreintes d’un chien gigantesque tout près du corps.

Le brave docteur souhaite protéger le dernier des Baskervilles, Henry, retrouvé au Canada. Ce neveu ne se doute de rien et le docteur Mortimer préférerait que le jeune homme ne se rende pas à Baskerville Hall afin d’échapper à une mort quasi certaine.

Sherlock Holmes n’est vraiment pas quelqu’un qui croit au surnaturel, aussi estime-t-il que l’héritier serait tout aussi en danger à Londres que dans le Devonshire. Lorsqu’il rencontre Sir Henry, celui-ci lui montre une lettre anonyme et lui parle d’une nouvelle botte de cuir brun qu’on lui a pris pendant la nuit. Pour Holmes il ne fait aucun doute que le jeune homme est suivi depuis son arrivée à Londres, ce que semble confirmer un fiacre posté devant le 221b Baker Street.

Finalement, il est convenu que Watson accompagnerait Sir Henry et le docteur Mortimer, afin de veiller sur l’héritier, tandis que lui Holmes reste à Londres, ayant  deux affaires importantes à régler. Watson lui ferait un compte-rendu détaillé des événements.

A Baskerville Hall, Sir Henry rencontre les Barrymore, homme et femme, majordome et gouvernante depuis de longues années, mais qui ont l’intention de donner leur démission.

Rapidement, Watson et Baskerville font la connaissance des voisins du domaine : Jack Stapleton, qui leur présente sa très jolie sœur, Beryl. Ensuite Mr. Frankland, un procédurier qui s’amuse à traîner tout le monde en justice, histoire de passer le temps. Bien vite, Henry Baskerville se sent attiré par la très jolie Miss Stapleton et une idylle naît entre eux, qui va mettre  le frère Stapleton  dans tous ses états.

Pendant ces événements relativement triviaux, le docteur Watson s’est rendu compte que des forces de police étaient en poste dans la lande et alentours en raison de l’évasion de Selden, un dangereux repris de justice.

D’autres faits intriguent le docteur Watson, qu’il relate avec fidélité dans ses lettres à Holmes = un homme étrange est aperçu sur les rochers de la lande, des hurlements se font entendre la nuit, les Barrymore ont un comportement curieux, notamment Mrs. Barrymore a souvent les yeux rouges d’avoir pleuré – mais lorsque Watson lui demande si c’est elle qu’il entend pleurer la nuit, elle nie tout.

Et malgré les injonctions de Sherlock Holmes à ce que Watson ne perde pas Henry Baskerville des yeux, il est bien obligé d’être discret lorsque le jeune homme a rendez-vous avec Miss Stapleton. D’ailleurs l’héritier du domaine semble de plus en plus convaincu que cette histoire est sans fondement et que sous peu Watson pourra rejoindre Holmes à Londres. C’est alors que des hurlements étranges et des ombres inquiétantes apparaissent sur la lande et dans le bourbier de Grimpen où de nombreux petits poneys se sont déjà perdus et ont été engloutis par les marécages.

Après avoir visionné trois versions cinématographiques (sur 24 répertoriées !) de ce grand classique, je me suis rendu compte que je ne l’avais jamais lu ; j’ai donc « écumé » ma bibliothèque car je savais que le roman y figurait quelque part avec d’autres aventures du plus grand détective de tous les temps (c’est lui qui le dit, mais Hercule Poirot dit la même chose – qui croire ? ).

Ma copie est tellement ancienne qu’elle ne se trouve même plus dans la collection Livre de Poche, dans laquelle elle fut achetée, c’est vous dire.

Rien de tel qu’un dimanche pluvieux de chez pluvieux pour se blottir confortablement dans un fauteuil, avec thé et biscuits, et se plonger dans une aventure passionnante.

Evidemment, je n’irai pas jusqu’à dire que l’effet de surprise fut total = je connais cette histoire pratiquement par cœur depuis au moins 30 ans, sans oublier les films revus récemment.

Je confirme immédiatement ce que je disais dans ma petite chronique de début août = c’est la version du téléfilm de la BBC datant de 1983, avec Ian Richardson dans le rôle principal, qui est la plus fidèle au roman, du moins dans les 3 versions vues à ce jour.

Ce qui fut une très agréable surprise, par contre, fut de constater que le style des romans n’a pas du tout  vieilli, je dirais même « au contraire ».

Non seulement le récit est mystérieux et passionnant, mais également rendu très vivant par les dialogues.

Même si partiellement absent physiquement de l’intrigue, Sherlock Holmes est tout de même très présent;  quant au docteur Watson il prend sur lui, comme toujours, de relater cette aventure avec soin et minutie, se basant non seulement sur ses propres observations et notes, mais aussi celles de Holmes.

Les descriptions de la lande et des marais sont particulièrement plaisants, je commence à me demander si toutes les romancières britanniques ne se sont pas inspirées du style d’Arthur Conan Doyle pour décrire la campagne anglaise dans laquelle évoluent leurs personnages.

Les personnages sont bien typés = le docteur Mortimer est un homme relativement jeune, mais d’allure vieillotte comme un savant trop plongé dans ses bouquins, typique médecin de province mais aussi passionné de phrénologie (étude de la forme du crâne pour déterminer le caractère d’une personne). Il espère un jour pouvoir étudier de près le crâne d’Holmes.

Les Stapleton, frère et sœur ; l’hurluberlu de Frankland, dont le passetemps préféré sont les litiges, ainsi que sa fille, Mrs. Laura Lyons, reniée par son père pour avoir fait un désastreux mariage. Le couple Barrymore, partagé  entre sa loyauté pour leur patron et l’affection de Mrs. Barrymore pour Selden.

L’inspecteur Lestrade fait une apparition à la fin du roman, lorsqu’il s’agit de piéger et arrêter un meurtrier qui a tout du psychopathe; contrairement à ce que l'on nous montre généralement, ici les relations entre Lestrade et Holmes sont courtoises et respectueuses.

228613_d3dd91a1Il paraît que Conan Doyle s’inspira,  pour Baskerville Hall,  de Cromer Hall dans le Norfolk, qu’il visita en 1901. Revenu d’Afrique du Sud où il avait contracté une fièvre typhoïde, le romancier décida de prendre des vacances de golf dans le nord du Norfolk. Il résida avec un ami à l’hôtel Royal Links à Cromer et tous deux furent invités à dîner à Cromer Hall.

Leur hôte leur conta alors l’histoire de son ancêtre Richard Cabell qui, au 17ème siècle, après avoir battu  son épouse infidèle,  la poursuivit à travers la lande de Dartmoor où il la poignarda à mort.

Le fidèle chien de la malheureuse défendit sa maîtresse tant bien que mal et mordit le mari à la gorge, qu’il déchira de ses dents. Le lord mourut de ses blessures et le jour de son enterrement, une troupe de chiens vint hurler sur sa tombe. Depuis ce jour, il fut dit qu’un chien fantôme hantait la lande.

La description de Baskerville Hall correspond totalement à l’aspect extérieur de Cromer Hall, typique demeure en style Tudor gothique. Quant à l’intrigue du chien, elle puise son inspiration dans l’histoire que raconta Benjamin Cabell à ses hôtes célèbres.

Par ailleurs, dans le roman d'Umberto Eco "Au Nom de la Rose", le personnage principal du roman se nomme "Baskerville", en référence au roman de Conan Doyle et hommage à Sherlock Holmes, puisqu'il s'agit d'un moine-détective.

200px_HoundofbaskervilJe n’ai qu’un léger regret, c’est que ma petite belle-mère et mon mari  préféraient lire en français et je vais donc lire les aventures de Sherlock Holmes dans cette langue. J’aurais préféré lire en V.O., mais je ne vais pas pousser le vice jusqu’à acheter en anglais des bouquins que je possède en français (je suis un peu cinglée, mais pas à ce point.)