9789460410284

Titre français = Les Masques de la Nuit

3ème enquête du commissaire Van In & son adjoint Guido Versavel

Guido Versavel n’en revient tout simplement pas = son commissaire et ami Van In a perdu du poids, ne boit (presque) plus de Duvel et mange très raisonnablement. La cause en est la grossesse de Hannelore Martens, cerveau d’Einstein dans corps de déesse, qui a décidé que puisqu’elle devait faire très attention à ce qu’elle mangeait, son compagnon n’avait qu’à faire pareil !

Van In a quelques difficultés à se concentrer car l’envie d’une bonne bière et de frites-mayonnaise le taraude un peu quand même. Heureusement il va avoir l’occasion de s’occuper l’esprit.

Quelque part dans la campagne environnant Bruges un squelette est trouvé par les nouveaux propriétaires de la fermette à retaper ! Le squelette – surnommé « Herbert » - ne correspond à rien dans les fichiers de la police et le commissaire Pieter Van In commence à s’impatienter.

La fermette était, il y a vingt ans, un bordel de haut niveau nommé avec à propos « Love » ; si ce squelette a été trouvé là, c’est forcément aux années 80 qu’il leur faut remonter. Le problème c’est que, comme toujours dans ces cas-là, des personnages influents de la ville de Bruges sont concernés.

Notamment un certain Lodewijk Vandaele, pédophile et assoiffé de pouvoir ; d’ailleurs la nouvelle asbl qu’il « honore » de son parrainage est mise sous le signe d’un groupement flamand d’extrême-droite (l’équivalent du « Vlaams Belang » actuel et de la NV-A).

Plus ça va, plus l’enquête de Van In et Versavel dérange. Il faut dire que les indices remontent jusqu’au ministre des affaires étrangères, jusqu’à un avocat très en vue – qui va être retrouvé assassiné lui aussi.

Par ailleurs, un suspect a disparu de la circulation, sa compagne, ancienne prostituée, a établi une liste de ses amis qui fréquentaient le « Love » à la même époque ; il est également recherché par le dénommé Vandaele car il connaît trop de secrets compromettants et le vieux pédophile a lancé un contrat sur lui.

Le commissaire Van In a également enrôlé dans son équipe la jeune Carine Neels à qui il a confié une mission importante, en « sous-marin », mais qui va mettre la vie de la jeune femme en danger. Par ailleurs, le commissaire a l’impression qu’une taupe se trouve au sein de son équipe qui transmet des renseignements au cerveau de toute l’affaire.

Van In est un homme qui ne s’embarrasse pas de faux-semblants. S’il a une intuition, il la suit avec toute la délicatesse d’un mammouth. Puisque ce crâne ne révèle pas ses secrets et son identité, le commissaire ira à la pioche ailleurs, et s’il y a quelque chose à trouver, il trouvera !

Sa compagne, la procureure Hannelore Martens n’approuve pas nécessairement ses méthodes, et Guido Versavel son adjoint et ami pas vraiment non plus, cependant ils sont d’accord sur un point : Van In s’est mis au service de la loi et de la justice pour les plus démunis. S’il faut piétiner les orteils des nantis, il les piétinera. Son supérieur en a quelques sueurs froides car il y a quand même un ministre sur la liste des suspects.

Idéales lectures de vacances que les enquêtes de Van In & Versavel, aidés de l’assistante du procureur. Comme toujours l’ambiance est fort bien rendue, les personnages typés, aussi bien les « normaux » que les « méchants ». Certaines scènes sont parfois un peu dures dans ce cas-ci, mais bon on n’est pas non plus chez des enfants de chœur.

La complicité entre les trois amis enquêteurs fonctionne bien, même si parfois le regard de l’adjoint du commissaire est lourd de reproches vu la manière dont son chef n’hésite pas à contourner les règles, ce qui a  le don d’énerver aussi la substitut du procureur, compagne du commissaire et future maman.

Les critiques littéraires français comparent désormais Pieter Aspe à Georges Simenon, ce qui me paraît chercher loin mais pas totalement faux non plus si on pense aux enquêtes du commissaire Maigret.

Il est vrai que lorsqu’on interroge l’auteur belge, il répond que les seuls romans qui l’aient intéressés dans sa vie étaient ceux de Simenon car en dehors de cet auteur, Aspe a peu lu (selon ses dires).

C’est vrai aussi que les personnages mis en place dans les romans de l’auteur belge de Blankenberge sont parfois sombres et sordides comme chez Simenon. Il y a également chez ce dernier des sombres complots chez les nantis et les femmes n’ont pas souvent le beau rôle. Et c’est vrai que le commissaire Maigret aime bien manger et boire une bière bien fraîche après le travail.

Cependant, je n’aime pas beaucoup les comparaisons – elles sont souvent réductrices et un auteur paraît  y perdre par rapport à l’autre.

Mais que ce soit Aspe ou Simenon, ils sont à lire.