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Titre français : Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express

Scénario de Nicholas Meyer, adapté de son roman homonyme « The Seven-Per-Cent Solution », pastiche des aventures des héros créés par Arthur Conan Doyle

Ce qui avait commencé comme une sale petite habitude lorsqu’il s’ennuyait est devenu un réel problème pour Sherlock Holmes = ses prises de cocaïne à 7 %, qui étaient supposées lui rendre le cerveau encore plus alerte, est devenu une véritable addiction. Le plus grand détective de tous les temps (c’est lui qui le dit) est devenu un camé paranoïaque, sujet à des hallucinations, convaincu d’être victime de persécutions de la part du professeur James Moriarty, éminent mathématicien, mais pour Holmes le cerveau de tous les crimes possibles et son nemesis.

C’est dans un lamentable état d’excitation nerveuse que le trouve son ami John Watson, désormais marié Mary Morstan ; il reçoit par ailleurs la visite de Moriarty en personne ; le professeur en a assez d’être l’objet de petits mots menaçant de l’exposer et de le faire renvoyer. Il menace à son tour de faire enfermer Holmes après l’avoir traîné en justice.

Watson décide d’aller trouver Mycroft Holmes, le frère aîné de son ami – ensemble, ils rencontrent Moriarty et Mycroft Holmes fait pression sur lui, à propos d’un fait de leur passé, afin qu’il accepte de les aider à attirer Sherlock hors d’Angleterre. Le but est de faire soigner Sherlock par le jeune docteur Freud, qui a déjà soigné des addictions de ce type et développe de nouvelles théories sur l’inconscient.

13986__photo_sherlock_holmes_attaque_l_orient_express_4Finalement, à l’aide du sympathique Toby (le chien que l'on retrouve dans le dessin animé de Disney et qui fait partie du "canon holmésien"), Holmes et Watson s’en vont à Vienne – ils sont accueillis par Sigmund Freud – très vite ce dernier fait comprendre à Holmes qu’il ne pourra jamais s’en sortir par lui-même et malgré toutes ses réticences, le plus grand détective de tous les temps accepte de devenir le patient de Freud. Commence alors pour lui une descente dans ce qu’un désintoxication à la drogue a de plus difficiles pour un malade.

Va tout de même se mêler dans cette histoire, un sombre complot d’enlèvement d’une très jolie jeune femme. Au cours de cette enquête, Freud va réaliser que ses méthodes et celles de Holmes se ressemblent un peu quand il s’agit de découvrir la vérité, l’un s’attaquant aux détails de la personnalité, l’autre à la psyché.

13986__photo_sherlock_holmes_attaque_l_orient_express_2Dans un dernier recours à l’hypnose afin de libérer Holmes de son addiction, Freud lui fait comprendre qu’il doit découvrir ce qui est à la base de ladite addiction ; il va ainsi révéler un dramatique événement de l’enfance du grand Sherlock qui explique tous ses comportements.

Intéressante version, assez originale, d’un chapitre de la vie de Holmes, plutôt hors du canon holmésien, bien qu’adapté du livre homonyme considéré comme un excellent pastiche sur Sherlock Holmes et son ami Watson. Qui, ici, est d’ailleurs totalement conforme au Watson imaginé par Arthur Conan Doyle et loin des habituelles bouffonneries sympathiques dans lesquelles on a cantonné le brave docteur.

13986__photo_sherlock_holmes_attaque_l_orient_express_3Une fois encore, le titre français est de l’ordre du n’importe quoi = Holmes n’attaque absolument pas l’Orient-Express – la seule mention de ce train est au moment où Holmes, Freud et Watson réquisitionnent un train afin de poursuivre celui dans lequel se trouvent la victime et les assassins - Watson lance alors une petite pointe humoristique au contrôleur du train.

C’est pas croyable comme on prend les gens pour des idiots qui gobent tout !

Nicol Williamson est un bon Sherlock Holmes, différent de ceux de Rathbone ou Brett ; il parvient à rendre très crédible le grand détective prisonnier de la drogue. Lorsqu’il a des visions en cours de désintoxication, il parvient même à flanquer la frousse !

Robert Duvall interprète un Watson proche de celui de Conan Doyle, avec un accent anglais plus vrai que nature (Duvall étant américain) – beaucoup de critiques se sont moqués de cet accent au moment de la sortie du film, mais personnellement cela ne choque nullement. En tout cas, il est un des meilleurs Watson que j’aie vu, comme Jude Law plus récemment. Non pas que je n’apprécie Nigel Bruce qui fut un Watson des plus sympathiques.

Le docteur Sigmund Freud, en butte déjà aux critiques quant à ses théories sur le subconscient et le fait qu’il soit juif, est joué par Alan Alda – lui aussi a un accent (autrichien) comme les autres protagonistes à Vienne.

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A savoir Jeremy Kemp, en antipathique et xénophobe baron von Leinsdorf ; son acolyte Lowenstein est joué par Joel Grey.

img370C’est l’acteur Laurence Olivier qui a accepté le rôle du professeur James Moriarty ; il est aussi fort différent des « Moriarty » que l’on a eu l’occasion de rencontrer au cinéma jusqu’à présent – il est un peu minable, à la limite du timoré et geignard.

Gray1Charles Gray est Mycroft Holmes, un rôle qu’il reprendra dans la série télévisée avec Jeremy Brett, celui qu’on appelle « the one and only Holmes » (ce avec quoi je ne suis pas tout à fait d’accord – tous les acteurs que j’ai vus dans le rôle était fort bons également !

La compréhensive Mary Watson est jouée par la jolie Samantha Eggar, alors au début de sa carrière. J’ai trouvé un peu dommage qu’on lui ai collé une aussi grosse perruque sur le crâne pour faire « coiffure 19ème siècle », et en plus elle n’a pas l’air de bien tenir sur sa tête !

C’est la très belle Vanessa Redgrave qui interprète Lola Devereaux, la « demoiselle en détresse » à sauver, une jolie rousse convoitée par le baron et une espèce de sheik qui la veut pour son harem. Même remarque que pour Sam Eggar = bien sûr, il fallait lui mettre une perruque rousse, mais les costumiers auraient pu en trouver une qui soit moins volumineuse et qui n’ait pas l’air d’avoir envie de se barrer à chaque mouvement.

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200px_The_Seven_Per_Cent_SolutionCe qui m’amuse toujours dans tous les films consacrés à Sherlock Holmes est que les scénaristes estiment nécessaire de systématiquement lui coller une petite idylle sur les bras alors qu’il est le roi des célibataires misogynes !

La fille de Sigmund Freud, Anna, accepta ce scénario à la condition formelle qu’elle ne figurerait pas dans l’histoire ; or au moment où se passe l’histoire, Freud a déjà sa petite fille âgée de 5 ans – le scénariste a donc fait de la fille de Freud un petit garçon afin d’éviter un procès en bonne et due forme pour faire interdire le film.

Le film a été tournée tant en Angleterre qu’à Vienne – ce qui nous offre un bel aperçu de la célèbre bibliothèque nationale ainsi que les courts de tennis historiques du Queen’s club de West Kensington à Londres.

A part cela, décors et costumes sont fort beaux – sauf comme je l’ai signalé plus haut, les perruques des deux actrices principales.

herbert_ross_1_sizedLe réalisateur Herbert Ross fut chorégraphe et metteur en scène à Broadway, en plus de réalisateur de cinéma – il fut aussi, pendant quelque temps, le beau-frère de Jacqueline et du président Kennedy.