vign_a_2410_a_choc

2410__0104Des soldats s’approchent de l’océan, une ravissante jeune femme tient son bébé dans les bras; son père énonce la sentence : sa fille l’a déshonoré, elle et son bébé seront donc livrés à l’océan dans un coffre fermé.

Il s’agit d’Acrisius, roi d’Argos, qui en plus s’en prend à Zeus. Une mouette est le témoin de toute cette aventure.

Il s’agit en réalité de Poseidon, dieu des océans, frère de Zeus ; celui-ci n’est vraiment pas content qu’on s’en soit pris à la ravissante Danae, qu’il « visita » sous la forme d’une pluie d’or dans la chambre où son père l’avait enfermée tant il était jaloux d’elle, mais avait surtout très peur d’une prophétie ayant annoncé que le fils de Danae le tuerait.

Cette prophétie va s’avérer exacte, puisque Zeus pas content du tout oblige Poseidon à envoyer le Kraken pour détruire Argos et faire mourir Acrisius. Et voilà, quand on s’en prend aux dieux, vaut mieux se méfier.

Thetis, déesse de la mer, n’est pas très contente que l’on sauve Danae et l’enfant, mais Zeus a parlé, point barre : Danae et Persée seront heureux à l’abri d’une petite île, où l’enfant grandira en beauté et en courage.

Au passage, Zeus décide de punir Calibos, le cruel fils de Thétis, sale gosse gâté par sa mère, très beau jeune homme destiné à épouser Andromède, la fille de Cassiopée, reine de la Phénicie et de la cité de Joppa.

En fait, Calibos était le gardien des chevaux sacrés de Zeus, mais il massacra tout ce qui vivait près des sources de la lune sacrée, y compris le troupeau des chevaux sacrés du dieu des dieux, seul Pégase le cheval ailé survécut. De tels crimes ne peuvent être impunis.

Zeus transforme donc Calibos en créature monstrueuse, du coup Andromède n’a plus envie de l’épouser – on comprend ça, car il est vraiment laid à faire peur !

Thetis décide alors que puisque son fifils ne peut avoir Andromède, personne ne l’épousera. NA !

Et jalouse comme elle l’est, elle décide qu’il est temps que la vie agréable de Persée sur Seriphos se termine et qu’il connaisse les difficultés du monde. Elle le transporte donc vers Joppa, où il est accueilli par l’aède Ammon.

Zeus, on s’en doute, n’est pas content ; quoi, son beau fiston doit affronter des monstres, tout seul parce qu’une de ses maîtresses n’est pas contente. Il demande aux autres déesses, toutes plus belles les unes que les autres : Hera (son épouse légitime et la reine des cocues – passez moi l’expression), Aphrodite, Athena, de prévoir des armes magiques pour protéger Persée et l’aider dans sa quête.

Une épée, forgée dans un métal que rien ne peut abîmer, un casque d’invisibilité et un bouclier destiné à lui sauver la vie.

Persée, à qui Ammon a conté l’histoire de Joppa, se rend dans la capitale ; il y est accueilli par le sympathique Thallo qui lui explique pourquoi on brûle l’un des prétendants d’Andromède. Il n’a pu répondre à la devinette des dieux, il doit mourir.

Avec le casque d’invisibilité, Persée va dans la chambre d’Andromède et découvre qu’elle est sous l’emprise de Calibos ; avec Pégase qu’il est parvenu à conquérir, Persée va dans les sources de la lune sacrée, découvre le secret des énigmes posées par Andromède.

Seulement, il est peut être invisible mais ne flotte pas, du coup Calibos remarque ses pas dans le sable et l’attaque dans les  marais. Le casque est perdu et en état de légitime défense, Persée coupe la main de Calibos.

Celui-ci va évidemment se plaindre dans le temple de sa maman ; Thetis lui dit ne rien pouvoir faire contre Persée, protégé de Zeus, mais elle peut se venger sur Joppa (mais quelle famille de sales caractères). Cassiopée, qui est peut-être reine mais pas très maligne, fiance Andromède à Persée et dans son envolée lyrique dit que sa fille est même plus belle que Thetis, et tout ça dans le temple même de la déesse, sous sa statue. A votre avis, il se passera quoi ? Thetis se venge, tout juste !

Il reste 24 heures de liberté à Andromède, elle devra être livrée au Kraken sinon Joppa sera définitivement radiée de la carte.

Il n’y a qu’un moyen de se défaire du Kraken, c’est Medusa qui transforme tout en pierre d’un seul regard. D’abord, il faut la trouver, ensuite il faut la tuer. Pas simple. Mais Zeus continue à protéger son fils illégitime. Il charge Athena de lui donner sa chouette, qui ne veut pas se séparer de son animal favori ; aussi demande-t-elle à Hephaistos de lui fabriquer une petite chouette magique, aussi savante que son Bubo à elle et aussi invincible.

Notre petite chouette mécanique rejoint donc Persée et son escorte, à la recherche de la Méduse.

2410__2410_le_choc_des_titans_clash_of_the_titans__119000533848856_3Après avoir découvert le secret des trois vieilles femmes qui détiennent ce secret, le héros se met en route vers l’île où vit la gorgone ; les amis de Persée y laisseront la vie mais il revient avec la tête, grâce à son bouclier.

Pendant la nuit, Calibos fait saigner le sac où se trouve la tête, du coup des scorpions géants attaquent les amis. La petite chouette arrive à sauver Pegase que Calibos a capturé et Persée peut enfin aller délivrer son Andromède attachée aux rochers, alors que le Kraken est déjà prêt à lui sauter dessus.

Cela doit faire une bonne dizaine de fois que je regarde ce « Choc des Titans » et je le revois à chaque fois avec le même plaisir. On a réellement l’impression de regarder un livre d’images tant la réalisation est particulièrement soignée.

Les dieux y sont présentés sur le mont Olympus, en petit comité : Zeus, Hera, Aphrodite, Poseidon, Thetis et Athena.

Ils sont habillés tout de blanc, Zeus a tout de même un beau siège où il peut asseoir sa majesté, avec derrière lui des rayons lumineux pour faire comprendre cette majesté – c’est tellement naïf comme iconographie que l’on ne peut s’empêcher de sourire.

Le caractère des dieux est bien présenté : selon les légendes, ils avaient un très sale caractère, ils étaient particulièrement vaniteux et susceptibles, même la protection de l’un d’entre eux ne vous mettait pas à l’abri de la mauvaise humeur des autres ; Troie et Ulysse feront d’ailleurs les frais de leurs caprices.

C’est particulièrement évident en Zeus et Thétis.

Mais l’une des raisons majeures pour lesquelles j’aime à revoir ce film, ainsi que deux ou trois autres de ce style, ce sont les effets spéciaux de Ray Harryhausen, célèbre pour ses modèles d’animation. La vocation d’Harryhausen fut lancée par le « King Kong » de 1933 qui sortit de l’imagination du pionnier des effets spéciaux : Willis O’Brien.

Bien qu’hélas les projets d’O’Brien ne furent pas tous réalisables et réalisés, il semblerait que Ray Harryhausen arriva au bon moment et ses effets spéciaux rencontrèrent un immense succès : la scène de « Jason and the Argonauts » où Jason se bat contre les squelettes est plus originale – et de très loin – à celle de « The Mummy » de 1999, surtout sachant que le numérique n’existait pas.

C’est à Harryhausen que l’on doit l’idée du martien dans la première version de « War of the Worlds » ; des années 40 jusqu’à nos jours pratiquement, Ray Harryhausen créa des sujets d’animation, qui inspirèrent tant Tim Burton que Steven Spielberg, George Lucas et bien d’autres.

Ray Harryhausen est, depuis pratiquement toute sa vie, le grand ami de Ray Bradbury, l’écrivain spécialiste de science-fiction. Les récompenses ont plu sur Harryhausen et elles furent, ô combien, méritées pour l’ingéniosité et l’inventivité de son travail.

Ce fut le succès mitigé à l’époque de sa sortie de « Clash of the Titans » ainsi que les technologies nouvelles développées par d’autres sociétés d’effets spéciaux, qui forcèrent Ray Harryhausen à se retirer du monde du cinéma. Il se consacra alors à l’écriture d’un livre sur les effets spéciaux au cinéma, ainsi qu’à la restauration de ses films passés pour les dvd.

J’avoue avoir bien des difficultés à comprendre que « Clash of the Titans » n’eut pas un immense succès à sa sortie ; peut-être que l’époque n’était plus – dans les années 80 – aux histoires épiques comme des poèmes des temps héroïques.

Il est amusant de constater que 27 ans plus tard, le film est devenu une référence dans le domaine de l’étude cinématographique.

On retrouve dans la distribution bien des grands noms du cinéma :

Pour les dieux de l’Olympe : Laurence Olivier est un Zeus ironique et un peu faux-jeton à souhait ; son épouse Hera est jouée par Claire Bloom. Qui mieux qu’Ursula Andress, en effet, pouvait interpréter Aphrodite ?

Athena est jouée par Susan Fleetwood et Jack Gwillim est Poseidon (j’ai eu l’occasion de découvrir Gwillim dans l’une des multiples versions de la momie).

2410__0110Mais celle qui les « mouche » tous est la formidable Maggie Smith, particulièrement venimeuse en Thetis. Les scénaristes ont pris quelques libertés avec les légendes mythologiques, car il n’est nulle part trace d’un fils Calibos pour cette déesse, qui est passée à la postérité pour être la mère de l’infect Achille, « héros » de la guerre de Troie.

hamlinDu côté des humains, on découvrit à l’époque Harry Hamlin tout au début de sa carrière ; son Andromède est jouée par la ravissante Judi Bowker qui fit surtout carrière au théâtre.

Cassiopée est interprétée par l’excellente actrice britannique, Sian Phillips, ex-Mrs. Peter O’Toole, qui fit carrière dans des rôles secondaires au cinéma mais est fort célèbre sur les scènes de théâtre.

2410__0112

     2410__0111  2410__c9  220px_Medusa_ClashofTitans

2410__bubo2Le poète Ammon est joué par Burgess Meredith et je voudrais tout de même mentionner l’adorable chouette mécanique, véritable préfiguration d’R2D2.

Neil McCarthy est la voix de Calibos – dont le costume est une œuvre d’art à lui seul ! Tout comme l’est d’ailleurs Medusa, la Gorgone. Chiron, le passeur du Styx, est un superbe squelette, bien inquiétant.

Tim Pigott-Smith est le sympathique Thallo ; il est également un acteur que l’on retrouve dans pas mal de seconds rôles au cinéma.

Reste encore à mentionner le Kraken, qui n’a strictement rien à voir avec la mythologie grecque ; dans la version grecque du mythe de Persée, le monstre marin est Cetus. Quant au Kraken, il est issu de la culture populaire nordique (Islande, notamment) ; il ressemble à une pieuvre géante. C’est sa description qui influença Jules Verne pour son « 20.000 lieues sous les mers ».

2410__a_choc3 18455809  vign_jaquette_2410_choc_des_titans__le___1b 

2410__0107 2410__0109  2410__0108  2410__cap378