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Sherlock Holmes et le Dr Watson reviennent au 221B, Baker Street où leur logeuse/gouvernante, Mrs. Hudson les houspille gentiment pour ne pas avoir été prévenue et donc ne pas avoir préparé un bon feu et un bon repas.

A peine installé, notre détective se dispute avec Mrs. Hudson parce qu’elle a pris les poussières de son bureau. Bien que tout soit resté à sa place, Holmes râle car le niveau de poussière lui permet de connaître l’ « âge » de ses archives !

Ensuite Holmes et Watson s’entretiennent sur la manière dont le brave docteur a romancé leurs enquêtes, sur la déplorable habitude de la « solution à    7% » de morphine que Holmes s’injecte quand il s’ennuie. Watson désapprouve non seulement en tant qu’ami mais également en tant que médecin, persuadé que son ami devient un toxicomane.

Après une invitation à une représentation des ballets russes où Sherlock Holmes se fait pratiquement mettre le grappin dessus par la prima ballerina Petrova cherchant un homme à l’intelligence brillante pour devenir le géniteur de son enfant, Holmes s’en tire non sans avoir mis l’accent sur le fait « qu’il vit avec un homme depuis 5 ans »…

Pauvre Watson qui fait les frais de cette excuse plutôt malencontreuse !

Cette même nuit, une ravissante jeune femme, repêchée dans la Tamise, échoue sur le pas de leur porte ; elle a de toute évidence reçu un coup sur la tête, se souvient seulement qu’elle se nomme « Gabrielle ».

Le lendemain, Holmes ayant récupéré le bagage de la belle Gabrielle, celle-ci retrouve partiellement la mémoire : elle vient de Bruxelles, elle est à la recherche de son époux ingénieur travaillant pour la Jonah Inc.

L’adresse où elle écrit à son époux est bidon. Peu après, Holmes est convoqué par son frère aîné Mycroft dont le club Diogène est en fait une façade pour le Foreign Office. Après une discussion où on ironise de part et d’autre – aucun des deux frères n’apprécie la profession de l’autre – Sherlock Holmes décide de se rendre en Ecosse. On n’est pas le plus grand détective sur terre si on ne comprend pas certains codes que le prétentieux Mycroft Holmes utilise avec les collègues du club.

C’est en Ecosse à l’évidence que tout se joue. Pendant ce temps, le docteur Watson à sa grande surprise constate que son ami semble nourrir un tendre sentiment pour la ravissante Bruxelloise dont on ignore encore ce qu’est devenu le mari. Et que viennent faire là ces canaris et ces nains qui avaient mystérieusement disparu, que l’on retrouve devant des cercueils dans un cimetière perdu d’Inverness ?

200px_Stephens_BlakelyQuant au docteur Watson, il va avoir la surprise de sa vie en constatant que la légende du monstre du Loch Ness n’est pas réellement une légende.

120px_Paget_holmesCette aventure de Sherlock Holmes, écrite par Billy Wilder et I.A.L. Diamond sur base des personnages créés par Arthur Conan Doyle, est un hommage légèrement parodique au grand détective. Sherlock Holmes (presque) amoureux, cela a de quoi surprendre lorsqu’on sait ce que le plus grand détective de tous les temps (c’est lui qui le dit) professe comme opinion concernant la gent féminine.

L’histoire tente de donner un portrait « humain » derrière la façade de l’homme public, mis sur papier par le docteur Watson relatant leurs aventures.

Le film a été choisi par l’auteur britannique Jonathan Coe, en ouverture de sa « carte blanche » donnée par la cinémathèque. Le film aurait dû être beaucoup plus long, mais fut sabordé par les producteurs, le trouvant trop long. Du coup, il manque deux enquêtes supplémentaires au film, sans oublier les flash-backs des années d’université d’Holmes.

180px_Robert_StephensCe Sherlock Holmes-ci est joué par Robert Stephens, un acteur que je n’ai vu qu’une fois à l’écran dans « The Prime of Miss Brodie » où il jouait aux côtés de son épouse d’alors, Maggie Smith.

Sans le trouver mauvais, j’ai eu une légère impression de manque de naturel dans le rôle de Holmes, il est vrai que le personnage a été si bien interprété tant par Christopher Lee que Peter Cushing, sans oublier Jeremy Brent, que je n’ai que modérément accroché à l’interprétation de Robert Stephens, même si son Sherlock a l’humour caustique du personnage.

250px_Blakely_StephensPar contre, Colin Blakeley en Docteur Watson est un pur bonheur de drôlerie à la Wilder ; l’acteur anglais semble s’en donner à cœur joie dans le rôle, faisant quelque peu le clown sans que l’on ait une impression de « too much ».

Il est drôle du début à la fin, s’énerve sans cesse face au flegmatique Holmes qui a réponse à tout et avec qui le malheureux brave docteur n’a jamais le dernier mot.

La jolie Bruxelloise, Madame Gabrielle Valadon, est interprétée par l’actrice française Geneviève Page. Elle a bien sûr l’air un peu trop innocent pour être complètement honnête et prend un malin plaisir à faire les yeux doux à l’inflexible Sherlock dans le cœur duquel elle jette le trouble.

Il semble évident que l’attitude de Holmes face à la belle Gabrielle est directement inspirée par celle que le détective a, face à la superbe Irene Adler, dans « A Scandal in Bohemia ».

180px_Christopher_Lee_2009Christopher Lee interprète Mycroft Holmes, le frère aîné – petit clin d’œil évidemment aux cinéphiles qui n’ignorent pas que Lee fut l’un des premiers acteurs à jouer le détective de Baker Street. Comme à l’accoutumée, l’acteur est parfait dans le rôle de ce frère prétentieux, pompeux et rigide qui prend un malin plaisir à tourner en dérision la profession de son frère cadet.

Mrs Hudson est jouée par Irene Handl et Mollie Maureen fait une savoureuse apparition dans la minuscule reine Victoria (surnommée « le petit bouchon » lorsqu’elle était jeune).

Les dialogues de Billy Wilder sont pétaradants d’humour caustique, teinté d’un peu de cynisme, avec quelques bons moments très drôles.

Le film possède quelques petits clins d’œil détectables par les cinéphiles (comme l’acteur Stanley Holloway en rôle caméo de fossoyeur, référence à son rôle éponyme dans le « Hamlet » de Laurence Olivier).

51FMTH1BFCL__SL500_AA240_« The Private Life of Sherlock Holmes » a été complètement tourné en Angleterre et en Ecosse, avec de très beaux paysages extérieurs. Pour l’auteur britannique Jonathan Coe, en plus de son talent d’écrivain, Billy Wilder possédait un « œil de peintre » ; la photographie est due à Christopher Challis, qui travailla notamment avec « The Archers ».

Voilà donc un film dont j’ignorais l’existence et que je suis ravie d’avoir pu découvrir grâce à cette « carte blanche ». Merci Mr. Jonathan Coe !